La future ligne de tramway T9 permettra de relier le pôle d'échanges multimodal de Vaulx-en-Velin-La Soie à Charpennes, grâce à 8,8 km de voie nouvelle et 12 nouvelles stations.
Sa création nécessite la réalisation d'aménagements spécifiques et singuliers, dont certains relèvent du défi technique. Le plus spectaculaire consiste à franchir le canal de Jonage à Villeurbanne (entre les quartiers Saint-Jean et Croix-Luizet/Les Buers), grâce à un nouvel ouvrage d'art : le pont de Saint-Jean, inauguré le 5 février 2026 pour la partie dédiée aux modes actifs (piétons et cycles).
Construit en parallèle du pont du Roulet, le pont de Saint-Jean accueille désormais les cycles et les piétons, et accueillera, à sa mise en service, le tramway T9. Ainsi, les aménagements se poursuivront ces prochains mois, avec notamment la création de la plateforme ferroviaire. De chaque côté du pont, des rampes connectent d'ores et déjà les quais hauts aux quais bas permettant aux cyclistes et promeneurs de relier la ViaRhôna et les Voies Lyonnaises, et les promenades de l'Anneau bleu. Dans le prolongement de ce nouveau pont, un cheminement dédié aux modes actifs (piétons et cycles) a été aménagé pour franchir la barrière créée par le périphérique. La création de cette traversée illustre un enjeu majeur du projet : rapprocher des territoires jusqu'ici séparés par une voie rapide et un canal.
Véritable moteur de la transformation de la ville, la future ligne T9 contribue déjà à rééquilibrer le partage de la voirie grâce à des cheminements piétons et des pistes cyclables sécurisés et intégrés dans un modèle urbain adapté aux enjeux des nouvelles mobilités.
135 mètres de long, 16 mètres de large
1 600 tonnes d'acier assemblé
11 tronçons
2 piles nautiques (construites dans des caissons étanches, les batardeaux)
21 300 m² de terres déplacées
3 500 m³ de béton coulé
14,6 km de soudures réalisées

Une passerelle contemporaine tournée vers le canal
Ouvrage majeur de la future ligne de tramway T9, le nouveau pont de Saint-Jean constitue un véritable trait d'union entre Villeurbanne et la Grande-île de Vaulx-en-Velin, mais aussi un espace de transition entre infrastructures, quartiers et paysage fluvial. Dans un site largement dominé par les échangeurs et les voies rapides, le projet affirme une ambition claire : créer une infrastructure apaisée, tournée vers les usages et vers le canal, et porteuse d'une nouvelle identité pour le secteur.
Le parti pris architectural a été d'orienter les vues, les parcours et les usages vers le Sud, en direction du canal de Jonage et de ses berges. L'ouvrage adopte ainsi une silhouette fine et élancée, proche de celle d'une passerelle contemporaine. Il est constitué d'un tablier métallique en caisson, dont la finesse permet de dégager une grande légèreté visuelle et de se distinguer des ponts routiers voisins, plus massifs. Son tracé légèrement courbe, lié aux contraintes du site, offre des points de vue changeants sur le canal et les berges. Au milieu du franchissement, des bancs inviteront à la pause et à la contemplation.
Le choix des matériaux participe fortement à l'identité de l'ouvrage. La charpente métallique et les garde-corps sont traités dans un gris clair, conférant au pont une tonalité lumineuse et contemporaine. Les piles, en béton clair, présentent des formes douces et effilées dans le sens du courant, renforçant la sensation d'élancement et d'ancrage dans le site. Les murs de soutènement les plus visibles seront végétalisés afin d'adoucir leur présence et d'inscrire l'ouvrage dans une continuité paysagère.
Un élément architectural singulier accompagne le pont côté Nord : un écran de rive ajouré, destiné à masquer les vues vers les infrastructures routières et à constituer un fond de scène pour le tramway et les cheminements actifs. Réalisé en béton fibré à ultra-hautes performances (BFUP), cet écran est composé d'une succession de lames verticales indépendantes, dessinant une ondulation continue sur toute la longueur de l'ouvrage. Cette texture vibrante confère au pont une identité forte, et joue avec la lumière naturelle comme artificielle.
Par son écriture architecturale sobre, contemporaine et durable, le nouveau pont de Saint-Jean incarne l'esprit de la ligne T9 : une infrastructure de transport qui participe pleinement à la transformation des territoires et à la reconquête des paysages.
Le BFUP est un béton de nouvelle génération, conçu pour offrir des performances très supérieures à celles d'un béton classique. Sa matrice extrêmement dense, associée à l'ajout de fibres métalliques ou synthétiques, lui confère une résistance mécanique élevée ainsi qu'une excellente durabilité. Ce matériau permet de réaliser des éléments beaucoup plus fins, tout en conservant une grande robustesse, ce qui réduit les volumes de matière nécessaires. Sa très faible porosité le rend particulièrement résistant aux agressions climatiques et environnementales. Par ailleurs, le BFUP présente une capacité d'« autocicatrisation » : sous l'effet de l'humidité, certaines microfissures peuvent se refermer naturellement au fil du temps, renforçant encore sa longévité.
Retour sur un chantier dans le chantier : une véritable prouesse technique
Image 1
Une deuxième étape a été lancée à l'été 2024 jusqu'au printemps 2025, avec le renfort de la digue et la réalisation des piles et appuis qui soutiennent désormais le pont de Saint-Jean dans le canal de Jonage.
Image 2
En parallèle, un important chantier a pu être mené : celui du lançage du pont. En 5 étapes entre novembre 2024 et l'été 2025, l'avant-bec de la charpente a guidé vers l'autre rive, centimètre par centimètre, les onze tronçons qui constituent le tablier du pont. Durant chacune des étapes, le tablier a avancé à une moyenne de 3 m/h ; entre chaque étape, plusieurs semaines se sont écoulées ; le lançage du pont a mobilisé entre 40 à 50 personnes, chargées d'assembler les éléments concernés.
Image 3
Dernière étape, lorsque tout le tablier a reposé sur ses appuis définitifs, après ce que l'on appelle le « déverinnage » : le pont a pu être aménagé et les travaux d'étanchéité, de réalisation des revêtements et d'installation des garde-corps menés. Les rampes ont quant à elles été assemblées et connectées au tablier et aux quais bas.
Image 4
La maîtrise d'oeuvre de cet ouvrage exceptionnel a été confiée au groupement Artelia / Atelier Villes et Paysages / Lavigne-Chéron Architectes et le groupement Demathieu Bard Génie Civil – Perrier TP – CIMOLAI assure l'exécution de l'ensemble des travaux.




