200 ans de transports en commun à Lyon

Plan des tramways - Extrait du Guide général de l'Exposition Internationale de Lyon

Cette exposition, présentée dans la station de métro Gare Part-Dieu - Vivier Merle jusqu'en septembre 2026, retrace le développement des transports collectifs lyonnais depuis les années 1830. Le réseau a considérablement évolué a évolué au fil des décennies pour accueillir une population croissante et faciliter les déplacements.

Les Lyonnais ont toujours eu besoin de se déplacer, que ce soit en chariot, barque, diligence … Les années 1830 apportent une double innovation. Une première ligne ferroviaire relie Lyon à Saint-Étienne. Puis les omnibus font leur apparition : il s'agit de voitures publiques qui suivent un trajet déterminé à l'intérieur de la ville.

C'est le lancement d'un réseau qui ne cesse de se réinventer, au prix de quelques allers et retours, grâce aux avancées techniques. Mais aussi de se déployer, en écho à l'urbanisation du territoire lyonnais. La physionomie de la ville, tout comme son environnement sonore et olfactif, se transforment en conséquence. Replongez dans des souvenirs (plus ou moins) lointains …

Vidéo : 2 minutes d'histoire sur les transports lyonnais

Entre fleuves et collines, de multiples véhicules

Le chemin de fer commence à accueillir ses premiers passagers dans les années 1830. Dans la foulée, plusieurs moyens de transports cohabitent successivement à Lyon. Ils sont adaptés à la géographie complexe du territoire.

Naviguer sur les fleuves

Les bateaux-mouches sont inventés par Michel Félizat dans le quartier de la Mouche, à Gerland, dans les années 1860. Ils sont utilisés jusqu'aux années 1900, notamment pour la ligne la Mulatière – Vaise. L'idée est ensuite exportée à Paris, où les bateaux-mouches sont toujours en activité.

Grimper les collines

En 1862, Lyon construit le premier funiculaire urbain du monde, qui relie la rue Terme à la Croix-Rousse. Plusieurs « ficelles » (jargon local) sont ensuite créées, permettant de gravir les pentes de la Croix-Rousse et Fourvière sur voie ferrée à l'aide d'un câble.

Dans les rues de Lyon

Lyon accueille en 1837 ses premiers omnibus. Tirés par des chevaux sur la voirie, ils transportent des voyageurs sur un trajet déterminé. Plus tard, des rails sont posés dans la ville pour diminuer les efforts des animaux. On parle alors de tramways à chevaux. La traction à vapeur se développe dans les années 1890, remplaçant les nuisances olfactives des immenses écuries par d'épaisses fumées. Arrivent ensuite les tramways à traction électrique, qui rencontrent un grand succès.

Au début du 20e siècle, le tramway électrique est omniprésent à Lyon. Pourtant, après les destructions de la Seconde Guerre mondiale, c'est le trolleybus qui est choisi pour reconstruire le réseau. Il est également alimenté par des lignes aériennes, mais roule sur pneus ; moins coûteux, plus silencieux. Au tournant des années 1960, le tramway et les derniers omnibus cessent de circuler alors que les autobus se multiplient. Le premier autobus articulé de France est mis en circulation à Lyon en 1963.

Photographie noir et blanc d'un groupe de personnel des tramways (contrôleurs, receveuses, traminots) en 1914. Photographe anonyme
Personnel des tramways (contrôleurs, receveuses, traminots) en 1914. Photographe anonyme

Le développement du métro et du réseau TCL

L'arrivée du métro à Lyon en 1978 marque un tournant : c'est le premier moyen de transport entièrement indépendant de la circulation automobile. Au fil du temps, extensions et nouvelles lignes viennent structurer le territoire.

Des études complexes, des travaux titanesques

De premiers projets de métro sont établis vers 1900, mais c'est à la fin des années 1950 que le véritable travail est lancé sous l'impulsion du maire Louis Pradel. La population croît, les déplacements se multiplient entre Lyon et sa périphérie. La voirie ne peut plus absorber le trafic automobile : un nouveau moyen de transport en souterrain s'apprête à voir le jour. Les études techniques, dirigées par l'ingénieur René Waldmann, sont longues car une nappe phréatique (une réserve d'eau souterraine) se trouve à 4-5 mètres sous terre.

En 1974, le funiculaire de Croix-Paquet est remplacé par une innovation mondiale : un chemin de fer à crémaillère, future ligne C. Pour les lignes A et B, il faut quatre années de travaux, dont un chantier colossal à ciel ouvert, qui « éventre » la rue de la République et la place Bellecour.

Vidéo : les travaux du métro

Une inauguration en grande pompe

Le 28 avril 1978, le réseau de métro est inauguré par Francisque Collomb. Le Président de la République Valéry Giscard d'Estaing a été invité à conduire une rame. Le métro est immédiatement adopté par les Lyonnais : le Progrès parle de « coup de foudre ».

Photographie du poste de contrôle centralisé du métro, vers 1980 : deux opérateurs sont assis à un bureau de forme arrondie, face à un mur parsemé de plusieurs écrans et de diodes lumineuses
Poste de contrôle centralisé du métro, vers 1980. Cote 38PH/186/21, Archives Municipales de Lyon
Quelques années avant la gare SNCF, la station de métro Part-Dieu a ouvert en 1978.

C'est là que se trouve le « cerveau du métro », un centre de commande qui régule l'alimentation électrique et centralise le système de surveillance. Un tableau de contrôle optique permet de suivre la marche des véhicules. Comme l'indique alors un agent
à France 3, il a « un aspect un petit peu futuriste car nous avons utilisé le résultat des expériences de la NASA pour tenir compte des conditions de travail dans des locaux souterrains où l'on ne voit pas le jour pendant plusieurs heures ».

En 2025, un nouveau centre de contrôle modernisé et agrandi a ouvert ses portes.

Un essor incessant

Le réseau TCL, organisé par SYTRAL Mobilités, s'étend aujourd'hui sur l'ensemble des territoires lyonnais et dessert 262 communes. Il comprend notamment quatre lignes de métro et deux funiculaires. Le tramway, abandonné pendant plus de 40 ans, a fait son retour en 2001. Le bus et le trolleybus continuent leur développement, tandis que les navettes fluviales se déploient de nouveau sur la Saône depuis 2025. Chaque nouvelle ligne majeure est l'occasion de réaménager les espaces publics traversés.

Les fantômes du métro

Il paraît qu'il existe des fantômes dans le métro de Lyon … En 1975, lors de la construction de la station Ampère, on découvre deux mosaïques gallo-romaines, qui témoignent de l'emplacement d'une prestigieuse « domus » (demeure antique) du IIe siècle. Une partie est visible dans la station de métro de Bellecour ; le reste est conservé à Lugdunum (musée et théâtres romains).
Que sont devenus ses habitants ? Peut-être voyagent-ils à bord de la « ficelle des morts », un ancien funiculaire qui montait vers le cimetière de Loyasse ?

Des transports en commun à la lyonnaise

Chaque ville a son style de transports en commun : la forme, le design, l'ambiance des véhicules varient d'un territoire à l'autre, et d'une époque à l'autre. Le réseau lyonnais a sa propre personnalité.

Des formats inhabituels

Le métro de Lyon est creusé à faible profondeur. Dans la plupart des stations, l'usager n'emprunte pas de longs escaliers et couloirs pour atteindre les quais. Seules quelques stations ont un passage sous les voies permettant de changer de direction. Le métro de Lyon circule à gauche, comme un train. Cette particularité unique en France est due à un projet de raccordement au réseau ferroviaire ... qui ne verra finalement pas le jour. Le gabarit des véhicules est singulier. Si le métro est large mais bas de plafond, le tramway est étroit : une nécessité pour circuler rue de Marseille (Lyon 7e), élargie à toutes les rames.

Un design reconnaissable

Le design des stations de métro, imaginé à l'origine par René Gimbert et Jacques Vergély, fait l'objet d'un travail soigné. Des dispositions communes permettent de varier les ambiances. Elles accueillent des dizaines d'oeuvres d'art ; une première en France pour un tel équipement. Le design des véhicules est imaginé par Philippe Neerman. D'abord rouge, le réseau TCL adopte l'orange avant de revenir à sa teinte originelle. Les tickets évoluent au fil des années.

Des composteurs automatiques (les « boîtes jaunes ») sont installés dès 1972 dans les bus. Les tickets cartonnés font régulièrement des clins d'oeil à l'actualité : Fête des Lumières, Tour de France, … Ils sont remplacés par des billets sans contact en 2024.

Vidéo : les composteurs automatiques TCL

Un espace partagé

De multiples voyageurs et agents se croisent dans les transports en commun ; d'infinies rencontres et histoires s'y déroulent … Le réseau TCL laisse son empreinte dans la culture populaire. Il sert tantôt de décor, de source d'inspiration voire de personnage dans des oeuvres. Gims et Sting ont par exemple tourné le clip « Reste » (2019) dans une rame de la ligne D.

« Passions Transports » est un court métrage commandé par SYTRAL Mobilités en 1988. Il relate une rencontre amoureuse quelque peu … stéréotypée. Un homme et une femme se croisent quotidiennement dans le métro, de Cordeliers à Hôtel-de-Ville. Leur histoire est reliée à celle des agents TCL, mobilisés de jour comme de nuit pour faire vivre le réseau.
Un jour, alors qu'elle annonce à « son petit banquier » qu'elle va changer de lieu de travail, Anne oublie son sac à bord … Pierre lui rendra le lendemain matin dans un bus, en chemin vers leur lieu de rendez-vous à Gambetta. Une fâcheuse inondation aurait pu tout faire rater, si le réseau TCL n'avait pas été si réactif !
 

Vidéo : le court métrage « Passions Transports »   

Capture d'écran d'une scène du court métrage Passions Transports : plan en contre-plongée des deux personnages (une femme et un homme) sur le quai de la station de métro Cordeliers
Arrêt sur images du court métrage « Passions Transports », réalisé par Georges Combe à l'initiative de SYTRAL Mobilités, 1988
Le jeu du métro : un jeu de société sur le réseau TCL !

Créé en 1978, ce dernier se joue entre 2 et 8 joueurs. Chaque joueur doit se rendre le plus rapidement possible à des rendez-vous imposés par son rôle, qu'il soit professionnel (avocat, ouvrier …), social (député, syndicaliste …) ou de loisir (supporter sportif, amateur de théâtre …).
Par exemple, le supporter doit aller au Stade de Gerland, puis à l'ASVEL à Villeurbanne et enfin à un tournoi de tennis au Parc de la Tête d'Or. Pour cela, il doit utiliser le réseau de métro, en fonction des tirages de cartes et de dés. Rendez-vous à la bibliothèque de la Part-Dieu pour consulter un exemplaire sur place !

 

Le métro en quelques dates clés

Frise chronologique

1974
Création du premier métro de Lyon, qui remplace le funiculaire de Croix-Paquet à Croix-Rousse
1978
Inauguration des lignes A et B, raccordement à Hôtel-de-Ville du métro à crémaillère de la Croix-Rousse rebaptisé ligne C
1981
Prolongement de la ligne B jusqu’à Jean Macé
1984
Extension de la ligne C jusqu’à Hénon et Cuire
1991
Lancement de la ligne D, à la conduite automatique
1997
Prolongement de la ligne D jusqu’à Vaise
2000
Extension de la ligne B jusqu’au Stade de Gerland
2007
Prolongement de la ligne A jusqu’à Vaulx-en-Velin La Soie
2013
Prolongement de la ligne B jusqu’à Oullins
2023
Automatisation de la ligne B et prolongement jusqu’à Saint-Genis-Laval
200 ans de transports en commun à Lyon est une exposition de SYTRAL Mobilités conçue avec le groupement Maison Gutenberg
Commissariat : Fanny Bannet
Graphisme et scénographie : Trafik

Remerciements à Valérian Accary, l'Araire (association au service du patrimoine et de l'histoire en pays lyonnais), Archives départementales du Rhône et de la Métropole de Lyon, Archives municipales de Lyon, Jean-Claude Broussier, Direction de l'Archéologie de la Ville de Lyon, Épicerie séquentielle, Institut national de l'audiovisuel, Keolis Bus Lyon, Le Progrès, Musée Gadagne, Musée Malartre, TCL Relation Usagers, Véronique Waldmann